La nuit se faisait plus diffuse et le ciel se teintait d'un azuré vespéral, déjà le soleil orange comme la pulple d'une sanguine trempait ses rayons dans les quelques nuages laiteux qui auréolaient Manost au petit matin. La rosée rendait les angles des pierres forgeant les murs de la cité helmite presque luisants comme une armure dorée dont se serait parée la ville. C'est alors que brusquement, lorsque la clarté du soleil vint toucher de son doigt phoebial le sol aux portes de la ville apparut l'individu en armure qui s'était présenté la veille, les cheveux attachés en une longue natte dépassant par une perforation basse de son heaume, les yeux brillants d'une clarté blanche au travers de la visière du casque. Sa monture avait le poil court et d'un beau noir de jais luisant, comme une bête qui a été brossée avec soin et amour.
Tout le corps du destrier semblait avoir été recouvert d'épaisses feuilles métalliques, et même son ventre était protégé de plaques du caparaçon.
Quelque petites pointes métalliques plantées sur le casque semblaient avoir été placées là plus pour impressionner un fantassin que pour blesser réellement.
L'homme qui le chevauchait portait lui aussi cette même qualité d'armure finement travaillée, probablement par lui même au vu de la simplicité des motifs, mais celà donnait au cavalier un air plus imposant encore. Tout semblait avoir été pensé pour qu'une charge d'un tel équipage provoque la peur chez des adversaires peu assurés, et protéger le cavalier aussi bien que la bête qu'il montait.
Tous deux se trouvaient immobiles, parfaitement immobiles, nul ne semblait ciller ou même respirer, à l'exception de quelque coups de sabot sur le sol de temps à autre, on aurait pu penser qu'il s'agissait d'une statue.
Un large écu couvrait une partie du flanc gauche des deux êtres qui attendaient aux portes, visiblement accroché à la selle, laquelle était elle aussi d'un cuir noir profond soigneusement entretenu et graissé, dotée de nombreuses courroies dont l'utilité n'apparaissait cependant pas à prime abord. Une longue lame était rangée elle aussi dans un fourreau lié à la selle par des lanières enduites de fils métalliques, probablement une épée à deux mains mais quelque chose disait que cet homme n'avait pas besoin de ses deux mains pour manier une telle arme. A bien regarder son pommeau, il semblait avoir été forgé pour une seule main et cette dernière l'avait usée de ses habitudes d'utilisation.
Malgré le soin apporté à l'ensemble des protections et signes qu'arboraient l'homme et la monture, on pouvait cependant voir des entailles profondes dans les plaques de métal, des zones où le cuir avait été déchiré et recousu, et on devinait sous ces traces de choc des cicatrices témoignant du fait qu'aucune protection n'immunisait son porteur à tous les dangers...
Ceux qui accompagneraient les manostiens dans leur voyage portaient avec eux le souvenir de longues, nombreuses et douloureuses batailles et peut être n'était ce pas un bon présage car à la longue, à force de croiser la mort sur les champs de bataille, on finit par ne plus s'en émouvoir et penser qu'on l'attire partout avec soi ...
Le premier membre du quatrième groupe passa alors la porte de la ville ....
<span style=\'color:gray\'>Voilà comme ça vous savez à quoi ressemble la personne qui vous accompagne, si vous n'arrivez pas à vous faire une idée son image se trouve deux post plus haut