[THEMA] Films de vampires

Bienvenue dans notre temple de l’image animée : ici, vous pouvez parler de cinéma, de vidéos trouvées sur Internet, de séries diverses et variées, d’animation de toute sorte. Que vous attendiez impatiemment un film, que vous ayez un coup de cœur pour une série, que vous ayez des questions sur une fin déroutante, cette section est faite pour vous.
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Message par vv221 »

Ouille, et je suppose que c’est juste pour un seul roman (autrement dit seulement le premier film) ?
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Mornagest
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Message par Mornagest »

A priori oui :D

Franchement, la lecture vaut bien la petite heure nécessaire, j'ai personnellement trouvé ça assez marrant. Et... effroyable aussi, de se dire que des trucs pareils aient pu être écrits (passe encore), édités (déjà plus contestable) et lus par des millions de personnes (là ça dépasse l'entendure).
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Message par vv221 »

Cette fois-ci je vous propose un film qui tente quelque chose d’inattendu… et se vautre misérablement. Il s’agit de Dracula Untold.

affiche de Dracula Untold
affiche de Dracula Untold
dracula-untold.jpg (25.42 Kio) Vu 954 fois

Le pitch de base est pourtant attirant : on va nous raconter comment Vlad l’Empaleur est devenu Dracula, vampire de son état.

Ne vous excitez pas trop vite, et jetez un œil sur l’affiche. Si vous trouvez que ça ressemble fort à une marvellerie, c’est parce que c’en est clairement une. En fait, Dracula Untold c’est Morbius, mais sans Jared Leto et Matt Smith. On y retrouve même des effets spéciaux sans intérêt pour illustrer les super-pouvoirs de chauve-souris qu’on gagne quand on devient un vampire.

On va donc suivre Vlad l’Empaleur le Gentil, qui va accepter de passer un pacte avec un vampire pour gagner des super-pouvoirs pour vaincre les méchants turcs et ainsi sauver… son peuple ? En fait non, pas vraiment, il veut juste sauver sa femme et son fils. Mais c’est le gentil, donc ça va, ça reste un acte héroïque. Le vampire va donc gentiment lui donner des super-pouvoirs avec une date d’expiration : il a trois jours pour boire le sang d’un humain et devenir un vampire pour toujours, ou résister et redevenir humain.

Évidemment il n’y a aucune forme de suspense. C’est Dracula. On sait déjà qu’il va devenir un vampire à plein temps. Et en même temps c’est Vlad l’Empaleur le Héros, donc on se doute bien qu’il ne va boire du sang humain qu’à contre-cœur, d’une victime se sacrifiant volontairement.

Gagné, ça va être sa femme, qui va survivre assez longtemps à une chute de 150 mètres de haut pour lui dire de boire son sang vu que de toutes manières elle va mourir, et que comme ça il va pouvoir vaincre les très méchants turcs (dont on ne sait pas trop pourquoi ils sont méchants, ça doit être dans leur nature).

Tout ça est entrecoupée de scènes ridicules de bagarre, ou Vlad l’Empaleur le Paladin va à lui seul massacrer des turcs par milliers (littéralement), sans aucune aide. En se transformant régulièrement en nuée de chauves-souris, ces animaux connus pour leur charge faisant autant de dégâts que celle d’un mûmak. Et bien sûr une bagarre finale des plus minables, avec un méchant très méchant qui invite Vlad l’Empaleur le Père de Famille à se battre dans une tente remplie d’argent, qui se trouve être sa kryptonite. Le gentil va gagner, et le méchant va perdre.

Ah, et vous vous rappelez que plus haut j’ai parlé du fait qu’il ne voulait sauver que sa femme (oups, raté) et son fils ? Qu’il n’en a rien à faire de son peuple ? Il va en effet tous les transformer en vampires pour gagner sa guerre, puis va les exposer à la lumière du soleil (en dispersant les nuages grâce à ses pouvoirs… de vampire ?!) et tous les tuer, parce que, voyez-vous, on ne peut quand même pas laisser des vampires en liberté.

Bref, c’était nul. Ce n’est ni un bon film de vampires, ni une bonne origin story de super-héros. Même le cadre médiéval est sans intérêt.
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Message par vv221 »

Cette fois-ci on change radicalement de style, avec de l’animation japonaise. Je vous présente Blood: The Last Vampire !

affiche de Blood: The Last Vampire
affiche de Blood: The Last Vampire
blood-the-last-vampire.jpg (15.03 Kio) Vu 935 fois

Il s’agit du deuxième film d’animation de notre marathon, après le particulièrement mauvais The Batman vs. Dracula, qui ne mérite pas vraiment que je m’attarde dessus. Celui-ci par contre a été une expérience tout à fait agréable.

Pour éviter toute forme de confusion : il s’agit sans aucun doute d’animation pour adultes. C’est violent, c’est flippant par moments, et c’est même particulièrement gore, ce qui est justifié dans cet univers par la seule manière dont on peut tuer les pseudo-vampires : en leur faisant perdre suffisamment de sang… en un seul coup !

On y retrouve le cadre qui me semble assez étrangement inévitable dans ce type d’animation : une école. Mais celle-ci est adossée à une base militaire, et on nous épargne (heureusement) la trop habituelle conciliation d’une vie secrète avec ce besoin de se faire des amis et d’aller en cours. Pas de ça ici, notre héroïne s’infiltre à peine ; elle est clairement là pour casser du monstre, pas pour passer des examens ni pour rejoindre le club de poésie.

Si on a l’impression de suivre une histoire faisant partie d’une franchise plus large, il s’agit en fait de la toute première entrée de cette franchise. Il va y avoir ensuite des adaptations sur papier, quelques séries télévisées, et même un remake en live action, mais ce film est bel et bien une œuvre originale qui se suffit à elle-même.

En fait le seul reproche que je peux lui faire est d’être un peu trop court à mon goût (un peu plus de 40 minutes). Arrivé à la fin je n’aurais pas été contre en voir un peu plus, mais je n’ai aucune envie de me lancer sur les séries télévisées qui ne semblent être que très vaguement liées à ce film. Film que je recommande donc sans aucune hésitation.
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Message par vv221 »

Après l’excellent Sinners, on retourne jeter un œil du côté des films afro-américains avec Vampires vs. the Bronx.

affiche de Vampires vs. the Bronx
affiche de Vampires vs. the Bronx
vampires-vs-the-bronx.png (123.09 Kio) Vu 932 fois

Bon, le rappel de Sinners ne va pas jouer en la faveur de ce film-ci, mais ça on aurait pu s’y attendre, Sinners reste un film assez exceptionnel. Alors où se place Vampires vs. the Bronx par rapport à un barème moins élitiste, en le comparant par exemple à The People Under the Stairs ou Vampire in Brooklyn ?

Bah soyons honnête : il ne tient pas la route. Pas une seule seconde.

Si j’avais été un peu fatigué par les deux enfants dans The Lost Boys, ici j’ai été bien servi : on passe notre film entier avec des enfants. Et un scénario aussi profond et provocateur que : « Les blacks sont tous du côté des gentils, même les criminels, les blancs sont tous du côté des méchants, même ceux qui ont l’air sympa. ».

Certains critiques y ont vu une critique de la gentrification, mais il fallait vraiment la chercher dans ce cas. Oui, en effet, les vampires rachètent les boutiques tenus par les habitants du Bronx pour en faire, probablement, des nids de vampires. Mais ce n’est jamais vraiment traité de manière fine, ce qui rend difficile toute tentative de lecture autre qu’au premier degré (méchants vampires vs. gentils habitants du Bronx).

Les protagonistes sont sans intérêt. Les antagonistes aussi. Tout comme les enjeux. Et pour ne rien arranger, Blade, ce navet, y est présenté comme un chef d’œuvre du cinéma !

Ce n’est un film ni terrifiant, ni drôle, ni intelligent. Et il est tellement caricatural qu’on s’est demandé pendant le visionnage s’il n’avait pas été écrit et réalisé par des blancs se contentant d’essayer de produire ce qui, d’après eux, plairait à un public afro-américain.

Bref, c’était nul. Allez plutôt regarder Sinners pour un commentaire politique qui tient la route, ou Vampire in Brooklyn si vous voulez juste bien vous marrer. Mais ne perdez pas de temps avec ce film sans aucune saveur.
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Message par vv221 »

On retourne dans les grands classiques, avec le Dracula de 1958.

affiche de Dracula (1958)
affiche de Dracula (1958)
dracula.jpg (44 Kio) Vu 918 fois

Il s’agit du premier film avec Christopher Lee dans le rôle de Dracula, et Peter Cushing dans celui de Van Helsing. On va vaguement y suivre le roman de Bram Stoker, avec quand même pas mal de prises de liberté (tant mieux, les adaptations à la virgule près c’est toujours ennuyeux).

Je crois que parmi ces modifications de l’œuvre originale, celle qui m’a le plus surpris c’est que cette fois-ci Jonathan Harker est un chasseur de vampires, collègue de Van Helsing. Donc pour une fois, contrairement à toutes les autres adaptations qui me viennent en tête, il a de bonnes raisons de ne pas chercher à s’enfuir après à peine cinq minutes dans le château de Dracula.

Ce film a plus d’un demi-siècle, donc forcément le côté horrifique et même la tension sexuelle nous semblent bien sages comparés à ce qu’on peut voir à l’écran aujourd’hui. Ça reste un film durant lequel on s’ennuie très peu comparé à ce qu’on aurait pu craindre, d’autant qu’il se repose beaucoup plus sur ses acteurs que sur ses effets spéciaux, ce qui lui évite de vieillir de manière trop flagrante.

Une innovation marquante toutefois : il semblerait que le Dracula joué par Christopher Lee soit le tout premier à mordre avec des canines surdimensionnées. Avant ça on avait Nosferatu et sa dentition de baudroie des abysses puis le Dracula joué par Bela Lugosi qui se cachait toujours pudiquement derrière sa cape pour mordre. Celui joué par Lee par contre se fait plaisir à nous montrer ses crocs avant et après morsure, à grand renfort d’hémoglobine.

Je recommande ce film à ceux qui s’intéressent à l’histoire du vampire au cinéma, et à ceux qui se demandent à quoi peut bien ressembler un Christopher Lee jeune.
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Message par vv221 »

Dans la série des adaptations historiques, il y en a une qui est impossible à omettre, bien qu’elle ne porte pas le nom de Dracula : Nosferatu: Eine Symphonie des Grauens.

affiche de Nosferatu (1922)
affiche de Nosferatu (1922)
nosferatu.jpg (18.45 Kio) Vu 912 fois

Pourquoi ce nom inattendu pour ce qui est de toute évidence une adaptation plutôt fidèle du roman de Bram Stoker ? Tout simplement parce que cette adaptation est un plagiat, réalisée sans les droits sur le roman publié à peine 25 ans avant la sortie de ce film. Ce qui a même abouti à la destruction de toutes les copies connues du film, qui heureusement a pu être restauré depuis.

Pour ceux qui trouvaient le Dracula de 1958 daté, ou que le Dracula de 1931 manquait de couleurs, il va falloir s’accrocher : on est ici sur du cinéma muet, en allemand, de la vague expressioniste.

Eh bien croyez le ou non, mais ça se regarde très bien encore aujourd’hui ! Bon, évidemment ça se regarde avec une forme de curiosité quasi-archéologique, on ne va pas demander à ce genre de film de réussir à encore nous terrifier. La distance culturelle est juste trop grande pour qu’il fonctionne encore comme film d’horreur aujourd’hui.

J’en retiens en particulier une innovation absente du roman original : Dracula Nosferatu emmène avec lui la peste bubonique, portée par les rats (enfin, leurs puces, peu importe) qui ont pris le bateau avec lui depuis la Transylvanie. Je trouve que ça ajoute au côté menaçant du vampire, ainsi qu’à son côté mystérieux.

En tous cas je ne regrette pas mon visionnage, dont l’heure et demi (je m’attendais à un film beaucoup plus court) ne s’est pas tant que ça fait sentir.



Ce serait dommage de parler de Nosferatu sans enchaîner sur… Nosferatu, son remake de 2024 !

affiche de Nosferatu (2024)
affiche de Nosferatu (2024)
nosferatu-2024.jpg (35.73 Kio) Vu 912 fois

Exceptionnellement on a fait les choses dans le désordre, et on avait regardé ce remake avant l’original. Avec plus d’un siècle entre la réalisation de ces deux films, on s’est dit que de toutes manières les auteurs du remake ne s’attendaient pas forcément à ce qu’on ait une bonne connaissance de l’original.

Ce qui est certain c’est que ce remake m’a pris par surprise : c’est un authentique film d’horreur, bien terrifiant. Si c’est le même effet que faisait l’original au moment de sa sortie, ce n’est pas étonnant qu’on s’en rappelle jusqu’à aujourd’hui !

Ce film ne se contente pas d’être un remake du Nosferatu de 1922, il va aussi ré-introduire (sous un autre nom) le personnage de Van Helsing qui était absent du premier film, ici joué par Willem Dafoe que j’ai été très content de voire apparaître à l’écran. L’acteur le plus marquant restant Bill Skarsgård, qui joue le comte Dracula Orlok et le rend terriblement dérangeant. On n’a aucun doute qu’on a affaire à un monstre.

En fait on peut le voir comme un Nosferatu amélioré et augmenté par toutes les adaptations de Dracula sorties durant le siècle qui nous en sépare.

C’est sans aucun doute un des meilleurs films de ce marathon vampirique, et probablement celui qui capture le mieux les aspects monstrueux du vampire.
Modifié en dernier par vv221 le dim. 09 nov. 2025, 23:50, modifié 2 fois.
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Message par vv221 »

Après les années 1980 vues par les années 1980, voici les années 1980 vues par les années 2000 : Lost Boys: The Tribe.

affiche de Lost Boys: The Tribe
affiche de Lost Boys: The Tribe
lost-boys-the-tribe.jpg (18.85 Kio) Vu 891 fois

Ce film est la suite directe de The Lost Boys, et on y retrouvera certains personnages 20 ans plus tard. Bon, en fait on retrouvera un personnage, mais il est du genre plutôt marquant et porte le film quasiment à lui seul.

Mais, vous interrogez-vous avec à-propos, si le film se déroule 20 ans plus tard, en quoi est-ce un film lié aux années 1980 ? Est-ce que ça ne l’amène pas dans les années 2000 ? Bien vu, c’est justement ce qui fait tout le sel de ce film : le style et l’ambiance de The Lost Boys participaient tellement de son image qu’ils ont essayé de l’émuler dans ce nouveau film. Le film se déroule bien (semble-t-il) dans les années 2000, mais tout y est un rappel des années 1980.

Et ça fonctionne plutôt bien, si on le regarde avec un léger second degré bienveillant. Le personnage de Edgar Frog en particulier, joué par Corey Feldman, fait penser à un Sylvester Stallone de téléfilm qui ne s’exprime que par punchlines. Là où dans le premier film c’était trop pour moi du haut de ses 16 ans (jouant un personnage qui avait probablement à peine 14 ans), cette fois-ci on nous le présente comme un trentenaire usé par sa vie de chasseur de vampires, et il est juste hilarant !

Le film se veut être une comédie horrifique, donc c’est normal qu’on se marre pas mal à le regarder… Mais soyons franc : les rires ne se limitent pas aux scènes pensées comme comiques. Ce qui n’empêche pas celles-ci de faire mouche, en particulier avec les quelques vampires qui passent leur temps à "tuer" les autres par surprise, on se retrouve donc avec des personnages qui peuvent se retrouver les tripes à la main à tout moment, sans prévenir.

Entre les scènes gores et les scènes de sexe on n’est pas dans une comédie tout public, loin de là, mais c’est clairement le genre de film qui se regarde ado ou adulte avec une bande de potes, des paquets de chips et les drogues de votre choix. Ou même à l’eau et aux jus de fruits en fait, on s’amuse suffisamment pour ne pas avoir besoin d’aide de ce côté.

Au final il n’est même pas vraiment mauvais, on est loin du nanar total que laissait envisager sa scène d’ouverture (regardez-la, même si vous n’enchaînez pas sur le reste du film, elle est exceptionnelle). Si on garde en tête que c’est une suite en direct-to-video d’un film d’exploitation, qui essaie de pousser tous les curseurs à fond, et bien elle ne réussit pas trop mal à remplir cet objectif.
Modifié en dernier par vv221 le ven. 07 nov. 2025, 14:49, modifié 1 fois.
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Message par vv221 »

Ça a mis le temps, mais je crois qu’on l’a enfin : notre premier vrai nanar ! Il s’agit de Blood for Dracula, un film qui porte parfois le nom d’Andy Warhol bien que celui-ci n’ait à peu près rien à voir avec le film.

affiche de Blood for Dracula
affiche de Blood for Dracula
blood-for-dracula.jpg (20.03 Kio) Vu 867 fois

Avant toute chose : je ne conseille pas ce films aux débutants en mauvais cinéma. On y a des scènes gores, des scènes de sexes bien trop longues (et non censurées), y compris de l’inceste. Bref, c’est très malsain, et tout le monde ne sera pas prêt à passer au-delà pour trouver le film (involontairement) hilarant qui se cache derrière.

Pour un peu de contexte, ce film est en fait une sorte de pamphlet politique de la part d’un catholique bien conservateur, voire réac, qui se désole du tournant qu’a pris l’humanité autour des années 1910-1920 et en particulier de la montée du socialisme. Ce film va donc nous montrer comment la société sombre dans la décadence, les serviteurs ne savent plus rester à leur place, et même l’aristocratie vieillissante perd sa religion pour sombrer dans… le libertinage et le lesbianisme ! (quelle horreur :gign:)

Le pitch de base est stupide à souhait : Dracula, un vampire végétarien (ce qui ne veut pas dire comme dans cette absurdité de Twilight qu’il se nourrit de sang animal, mais bien de légumes crus) et, comble de l’ironie, apparemment allergique au sang sauf si celui-ci vient d’une femme vierge, va se rendre en Italie. Pourquoi l’Italie ? Parce que, apparemment, ce pays est resté attaché à ses racines catholiques et donc ses jeunes femmes y restent pures et vierges avant le mariage.

Évidemment, société décadente, tout ça, il ne va pas trouver de vierges. Et va se rendre très très malade (insérer ici une scène beaucoup trop longue de Dracula qui vomit du sang dans une baignoire, le tout de manière terriblement surjouée par un Udo Kier dont je ne sais toujours pas s’il prenait ou non ce film au sérieux) en goûtant les filles "bonnes à marier" de cette famille aristocrate en fin de vie.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que tout ici est traité avec le premier degré le plus sérieux qui soit. Y compris le serviteur de la famille qui couche avec deux des quatre filles en récitant de la propagande socialiste, et a carrément un marteau et une faucille peints en rouge sur le mur de sa chambre, pour ceux qui auraient loupé le message.

Tout ça s’achèvera dans une scène complètement délirante avec ce (méchant) socialiste qui va humilier le (gentil) vampire aristocrate en lui coupant bras et jambes l’un après l’autre à la hache, ce qui n’a pas pu n’avoir aucune influence sur Monty Python and the Holy Grail sorti l’année suivante.

Je crois que mon personnage préféré dans ce film, qu’on voit malheureusement trop peu passé la première moitié, reste le servant de Dracula, (sur)joué par Arno Juerging qui semble se croire dans un film muet. C’est incroyable le nombre de choses qu’il peut faire passer juste à travers ses mouvements de sourcils…

Ah, et vous vous rappelez la très gênante scène de léchage de porte dans le très mauvais Embrace of the Vampire ? Ce film a réussi à la battre. Avec Dracula léchant… le sol ! Je vous épargnerai l’explication de la présence d’une flaque de sang de vierge sur ce sol, c’est trop immonde pour être raconté ici.

Allez-y si vous êtes un nanardeur expérimenté, mais pas sans échauffement. Trigger warnings : tous. Gerbes de sang, vomissements, sexe, viol, inceste, pédophilie, homophobie, sexisme, discours moralisateur réactionnaire, acteurs en roue libre, premier degré malaisant, accents divers et variés mais jamais appropriés. Vous voilà prévenus. Même les versions censurées restent probablement affreuses.
Modifié en dernier par vv221 le dim. 09 nov. 2025, 14:58, modifié 1 fois.
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Message par Mornagest »

Un grand classique : sous prétexte de dénoncer les errances de la société en déliquescence, on filme complaisamment des scènes choc à des fins « éducatives ». Genre :D

Voir à ce sujet « Suède, enfer et paradis » par exemple. Un film italien pour dénoncer le stupre et la luxure omniprésents dans la société suédoise (et en profiter pour filmer les couples libertins et à poil, tant qu'à faire).
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Message par vv221 »

Mornagest a écrit : sam. 08 nov. 2025, 16:45 Voir à ce sujet « Suède, enfer et paradis » par exemple.
J’ai fait le tour de la critique sur Nanarland, je vais sûrement le regarder à un moment ou un autre :gign:
(je veux savoir pourquoi il ne faut surtout pas aller en Suède, ce pays dépravé sans foi ni vêtements loi)

D’ailleurs Blood for Dracula est lui aussi un film essentiellement italien, même si au final il fait surtout penser au mélange improbable de nationalités qu’on trouve sur un bateau battant pavillon panaméen. Ils se sont même fait épingler pour avoir mis le nom d’un réalisateur italien sur l’affiche (ça donnait droit à des aides financières) alors que celui-ci n’a pas touché à ce film, le véritable réalisateur venant des USA.
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Message par vv221 »

On retourne en Italie, pour un vrai film italien cette fois-ci : Nosferatu a Venezia.

affiche de Nosferatu a Venezia
affiche de Nosferatu a Venezia
nosferatu-a-venezia.jpg (39.45 Kio) Vu 832 fois

On a cru tout du long que ce film faisait suite à Nosferatu: Eine Symphonie des Grauens de 1922, en fait c’est la suite de Nosferatu: Phantom der Nacht, un remake de 1979 qu’on n’a pas encore vu.

On y retrouve donc Nosferatu, joué par Klaus Kinski. Ce qui est un très bon choix, cet acteur ayant un physique et des expressions faciales suffisamment terrifiantes au naturel pour pouvoir jouer Nosferatu probablement sans aucune forme de maquillage. Voire, possiblement, sans aucune forme de jeu : ça a l’air d’être une personne terriblement violente même quand les caméras ne tournent pas.

En tous cas ça en fait un vampire tout à fait crédible, d’autant qu’il ne semble pas avoir beaucoup des faiblesses habituellement liées à la légende. Les prêtres en particulier ne peuvent rien contre lui, pas plus que la lumière du jour. Ça en fait un de nos trop rares films avec un vampire réellement immortel, ce qui le rend d’autant plus terrifiant.

Le meilleur côté du film n’est pourtant pas son vampire, mais sa Venise. L’esthétique est fabuleuse, on a l’impression de passer la moitié du film dans un rêve semi-conscient, ce qui brouille les pistes en permanence. On ne sait pas toujours ce qu’on voit, mais une chose est sûre : c’est très beau. C’est aussi très contemplatif, ce film prend son temps.

L’histoire tient la route aussi, elle nous montre un vampire monstrueux mais aussi tragique, pour lequel on pourrait (presque) se surprendre à ressentir de l’empathie. Avec aussi une certaine ironie : là où les humains cherchent à tuer Nosferatu, lui cherche justement à mourir. Ce qui ne pourra pas arriver de leur main, n’étant pas sensible aux habituels pieux et autres instruments.

On est dans la période du cinéma italien post-censure (1988), et de plus dans un film de vampire, donc on n’évitera pas quelques scènes de sexe et quelques morts bien sanglantes. Pour autant on reste très loin des films racoleurs des années 1970, on ne peut en particulier pas le comparer à l’ignoble (mais jouissif) Blood for Dracula. Au contraire ce Nosferatu fait plutôt partie des bons films du marathon vampirique, et j’espère qu’on verra bientôt le film qui le précède, avec déjà Klaus Kinski dans le rôle de Nosferatu Dracula.
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On arrive dans le genre de film que j’espérais le plus de ce marathon, et qui se fait trop rare : le divertissement qui ne nous prend pas pour des abrutis. Cette-fois ci il vient sous le (très mauvais) titre Dracula 2000.

affiche de Dracula 2000
affiche de Dracula 2000
dracula-2000.jpg (17.35 Kio) Vu 808 fois

Soyons honnêtes : avec un titre pareil je m’attendais à un vulgaire navet. À la rigueur à un nanar, avec beaucoup de chance. Le "Wes Craven" dans le générique aurait pu être rassurant, mais comme on a découvert après le visionnage son nom a seulement servi à aider à vendre le film, Wes Craven lui-même n’a eu aucun rôle dans la création de celui-ci.

On a en plus Gerard Butler dans le rôle du vampire titulaire, un acteur que je ne connaissais que dans des films aussi mauvais que Lara Croft: Tomb Raider – The Cradle of Life ou Gamer. Coup de bol : je ne l’ai pas reconnu, donc ça n’a pas influencé mon visionnage. Au contraire il porte plutôt bien le rôle, avec un Dracula à la fois terrifiant et envoûtant.

Et quel visionnage ! Je me suis rarement autant fait plaisir à regarder un film de ce genre ! Déjà, on y retrouve un ingrédient essentiel : un Dracula vraiment invulnérable. Van Helsing (Christopher Plummer, qu’on avait déjà croisé avec un rôle similaire dans Nosferatu a Venezia) le dit lui-même : tout a été essayé, du pieu dans le cœur à la lumière du jour, mais rien ne fonctionne sur le vampire originel. Ce qui va bien nous être montré tout du long, absolument rien ne mettra jamais Dracula en difficulté. Les autres vampires peuvent être vaincus, mais pas lui.

Le film est généreux en action, en frissons, même en onirisme et en symbolique religieuse, et il se paie le luxe de proposer une origin story à Dracula qui non seulement tient la route, mais en plus donne une explication à la plupart des faiblesses des vampires. Côté origine de la légende, on est à l’exact opposé de l’heure et demi d’ennui désabusé qui est la proposition de Dracula Untold.

Même le cast est surprenant, tous les acteurs et actrices sont convaincantes et parfois même attachantes (en particulier l’héroïne, Mary Heller, jouée par Justine Waddell), à l’exception notable de Jonny Lee Miller qui joue un personnage qui semble incrusté de force dans le film parce que sans lui on manquait du côté des héros d’une figure masculine badass (spoiler : ça ne fonctionne pas une seule seconde, il est éclipsé par littéralement tous les autres personnages du film, en particulier Mary).

Non content de nous présenter les origines de Dracula, ce film se trouve être un film de construction d’une héroïne : Mary Van Helsing. Une héroïne que j’aurais adoré revoir, malheureusement les suites vont ignorer jusqu’à son existence. On parlera très bientôt de la déception abyssale qu’est la suite de ce film, Dracula II: Ascension.

En tous cas celui-ci est un authentique très bon film, quoi qu’en disent les critiques et son échec commercial. Pour ce qui est du divertissement pur, ce film fait partie de ce qu’on a vu de meilleur. Et je ne parle pas là de divertissement moqueur, aux dépens du film. Bien au contraire. En fait Dracula 2000 a grosso-modo les mêmes objectifs que Van Helsing… sauf qu’il est réussi, on en ressort donc très satisfait.
Modifié en dernier par vv221 le mer. 12 nov. 2025, 20:08, modifié 1 fois.
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Message par Mornagest »

De mémoire, une partie de la bande-son inclut des chansons de Slayer.

Sinon, je ne l'ai pas vu. Il souffre en effet d'une mauvaise réputation, tant mieux si tu l'as apprécié de ton côté :)
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Message par vv221 »

Mornagest a écrit : mar. 11 nov. 2025, 22:55 De mémoire, une partie de la bande-son inclut des chansons de Slayer.
Du Slayer, du System of a Down, du Pantera…
C’est vrai que je n’en ai pas parlé, mais la bande-son ressemble à une compilation de heavy metal des années 1990. Ce qui n’est pas pour me déplaire :gign:
Mornagest a écrit : mar. 11 nov. 2025, 22:55 tant mieux si tu l'as apprécié de ton côté :)
Pas juste apprécié, je l’ai très franchement adoré !
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Message par vv221 »

Après avoir autant apprécié Dracula 2000 j’étais curieux de voir sa suite, Dracula II: Ascension. Aïe. Je n’aurais peut-être pas du…

affiche de Dracula II: Ascension
affiche de Dracula II: Ascension
dracula-2-ascension.jpg (15.14 Kio) Vu 782 fois

Il y avait pourtant un indice : aucun acteur ni actrice du film précédent n’a rempilé pour celui-ci. Sans Justine Waddell en Van Helsing ni Gerard Butler en Dracula, mon intérêt en prend tout de suite un coup. Pour le changement d’acteur de ce dernier, ils ont même sans aucune honte repiqué le prétexte de la régénération à Doctor Who.

Le film donne la couleur tout de suite en ignorant totalement la fin du film précédent, celui-ci laissant peu de place à un retour de Dracula. Encore que, ça aurait pu se faire en étant un peu imaginatif, mais ce n’est pas une qualité de cette immonde suite.

Vous vous rappelez du Dracula littéralement invulnérable du film précédent ? Il se fait capturer par une bande d’abrutis dès le début du film, et passera tout le film prisonnier et même torturé par de vulgaires humains n’ayant jamais croisé un vampire de leur vie jusqu’ici.

Peut-être dans ce cas des personnages intéressants et joués avec conviction ? Ah ah, la bonne blague. Le Simon apathique du film précédent c’est du matériau à Oscar comparé au cast de ce film-ci. Aucun personnage n’est intéressant, que ce soit par son écriture ou par son interprétation. Il m’étaient tous antipathiques à peu près dès le début du film, et j’ai été très déçu dès que j’ai compris que ce Dracula (antipathique, lui aussi) était un nul qui sera bien incapable de les tuer l’un après l’autre.

Ah, on a aussi un personnage chasseur de vampires. Sorti de nulle part, sans intérêt, et quasiment sans influence sur l’histoire. Il viendra juste pour le combat final, qui de toutes manières sera interrompu sans conclusion satisfaisante vu qu’il fallait bien préparer le terrain pour un troisième film. Que je vais probablement regarder, pour voir jusqu’où le désastre peut aller, mais je sens que je vais le regretter.

Au final ce film est ennuyeux à mourir, et ne réussit même pas à faire rire. Je crois que j’ai passé mon temps à pousser de longs soupirs, alors qu’il ne dure que 1h20.

C’est assez incompréhensible, on a pourtant les mêmes personnes que pour Dracula 2000 à l’écriture et à la réalisation. Pourtant ce film ne se contente pas d’être nul, il ignore à peu près totalement celui auquel il est censé faire suite. Exit le vampire invulnérable et terrifiant, exit la mystique religieuse, exit l’esthétique onirique. Exit toute forme de plaisir au visionnage.
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Message par vv221 »

Parfois il faut savoir s’arrêter à temps. Sinon ça donne Lost Boys: The Thirst.

affiche de Lost Boys: The Thirst
affiche de Lost Boys: The Thirst
lost-boys-the-thirst.jpg (20.36 Kio) Vu 762 fois

Arrêtons-nous déjà sur le magnifique jeu de mots du titre : The Thirst, pour le troisième film de la trilogie, autrement dit the third. C’est ce que ce film a de plus drôle, et je ne suis même pas sûr que ce jeu de mots ne soit pas accidentel. À partir de là, ça va aller en empirant…

The Lost Boys avait posé les bases des vampires contemporains, et a sûrement été une inspiration majeure d’œuvres comme Buffy the Vampire Slayer (dont on se serait bien passé) et surtout la série TV du même nom qui a marqué une ou deux générations (série que j’ai découvert bien plus tard, mais c’est un autre sujet). Ensuite on a eu Lost Boys: The Tribe, une suite assez peu ambitieuse mais devant laquelle on a moyen de bien s’amuser, qui se prend moins au sérieux que le premier film sans pour autant sombrer dans le ridicule.

Ce Lost Boys: The Thirst par contre, le ridicule, il se roule dedans de la première à la 81e minute. Sans faire une seule pause. Le tout sans faire rire, ce qui tient de l’exploit.

Pour prendre un exemple simple, regardons le personnage principal : Edgar Frog (joué par Corey Feldman dans les trois films). Dans le deuxième film il ne parle que par punchlines, ce qui est drôle à chaque fois parce qu’il a en fait peu de temps d’écran et donc peu de répliques. C’est un gimmick amusant qui rythme le film. Dans le troisième film il s’exprime toujours de la même manière… sauf que c’est le personnage qu’on suit tout du long ! Ça devient donc très lourd au bout de seulement quelques minutes.

Je ne m’attarderai pas sur l’histoire, elle est sans intérêt. En gros il y a des vampires à tuer, on appelle le chasseur de vampires, il ne veut pas y aller, on insiste, il y va, il tue les vampires, fin du film. Pas de rebondissement, pas d’inattendu, aucune forme de surprise. Et la mise-en-scène est du même tonneau, tout est prévisible et sans aucune forme d’imagination.

Au final on s’ennuie tout du long, même les scènes d’actions sont chiantes comme la pluie. Ah, et ne cherchez pas de scènes d’horreur, si jamais il y en a eu elles ont été tellement peu marquantes que je ne m’en rappelle pas d’une seule alors que j’ai vu ce film il y a seulement trois jours.

Une conclusion terriblement décevante (d’autant qu’elle ne conclut rien du tout, ils ont soit-disant tué le plus méchant des méchants vampires, mais on ne sait pas si ça sert à quelque chose) pour une série de films qui n’aurait jamais du être une trilogie. Limitez-vous au deux premiers films, il n’y a rien de bon à retirer celui-ci.
Modifié en dernier par vv221 le ven. 14 nov. 2025, 18:14, modifié 1 fois.
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Message par vv221 »

J’ai adoré le film d’animation Blood: The Last Vampire, et pourtant quand j’ai vu arriver son remake en live action, lui aussi titré Blood: The Last Vampire, je me suis méfié…

affiche de Blood: The Last Vampire
affiche de Blood: The Last Vampire
blood-the-last-vampire.jpg (29.17 Kio) Vu 756 fois

Pourquoi cette méfiance, si l’original était si bien que ça ? Une peur des remakes de mauvaise qualité ? Même pas, au contraire j’ai plutôt eu affaire à des bons remakes dernièrement… Par contre, des bons remakes en live action de films d’animation ? Avant celui-ci, j’en connaissais zéro. Après celui-ci, j’en connais toujours zéro.

Le film ouvre sur une copie plan par plan de l’ouverture du film d’animation original, qui fonctionne plutôt bien. Mais ça m’a poussé à me demander s’ils allaient oser dévier un peu de l’œuvre originale, histoire que ça ne soit pas qu’un coup de peinture sur un film déjà vu… Ouch. Oui. Ils vont dévier, ils vont vraiment sévèrement dévier.

Des 91 minutes de ce remake, je pense que pas plus de trois scènes de l’original (qui lui ne dure que 48 minutes) n’ont été reprises. De ces trois scènes, il y en a à peu près une et demi qui fonctionnent de nouveau. Tout le reste est à jeter. Tout !

Le personnage de l’infirmière, témoin humain dans le premier film d’événements qui nous dépassent, a été remplacé par la classique ado fille du directeur de l’école (soit-disant un général de l’armée des USA, mais je sais reconnaître le directeur de l’école quand je le vois), qui va bien sûr se lier d’amitié avec notre héroïne (qui pour rappel était une tueuse froide et sans empathie dans l’original).

Le personnage principale lui-même est devenu une sorte d’adolescente torturée par son passé, ce qui donne une série de flashbacks non seulement malvenus, mais de plus s’achevant sur une scène ridicule à pleurer digne d’un nanar plagiant Kill Bill. Le ridicule sera d’ailleurs un élément de toutes les scènes de baston, pour compenser l’intensité et la violence qu’elles avaient dans le premier film, et qu’elles ont perdu dans cette relecture.

Et pire que tout, cette version a détruit le cœur de l’originalité du film original ! Dans celui-ci on suivait une vampire, une vraie, apparemment la dernière qui soit, qui chassait des créatures démoniaques ayant des traits vampiriques mais se rapprochant plutôt de monstres. Dans ce remake on suit une demi-vampire (oh bah ça alors, comme dans 140 % des films à base de chasseurs de vampires) qui tue des vampires tout ce qu’il y a de plus classiques. Et si dans l’original on ne croisera pas plus de 3 ou 4 de ces créatures, histoire de bien nous montrer à quel point elles sont dangereuses, le remake nous servira plus d’une cinquantaine de vampires embrochés les uns après les autres, histoire qu’on comprenne bien qu’ils ne représentent absolument aucune forme de menace.

Le film "culmine" dans une scène de bagarre avec une soit-disant révélation qui se content de plagier L’Empire contre-attaque. Bagarre nulle, et sans enjeu. Ou, s’il y avait effectivement un enjeu, j’avais arrêté de m’intéresser à l’histoire depuis trop longtemps pour le remarquer.

C’est dommage, le film d’animation original était excellent et laissait plein de place pour exploiter l’univers et les personnages dans des suites. Ce dont on n’avait pas besoin c’est d’un remake paresseux qui retire à celui-ci tout ce qu’il avait d’original.
Modifié en dernier par vv221 le lun. 17 nov. 2025, 17:27, modifié 1 fois.
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Message par vv221 »

Vous savez ce qui est le plus frustrant avec les films sans aucune forme d’originalité ? On n’en retient rien. Ça va donc être difficile de parler de Underworld, alors que son visionnage ne remonte qu’à quatre jours.

affiche de Underworld
affiche de Underworld
underworld.jpg (37.04 Kio) Vu 736 fois

On y suit une héroïne badass, accessoirement vampire, qui surprenamment n’est pas jouée par Milla Jovovich mais par Kate Beckinsale. La même actrice que dans ce navet de Van Helsing, ce qui est un indice sur la qualité de ce qui va suivre.

Cette héroïne va donc devoir se battre contre des loups-garous Lycans, parce que c’est la guerre entre les vampires et les Lycans depuis 1 000 ans. Et aussi contre certains vampires qui sont en fait des méchants, en particulier un certain Kraven (joué par Shane Brolly) qui a le nom et le visage d’un traître et va donc en être un, à la surprise d’absolument personne.

Au milieu de tout ça on jette un humain (joué par Scott Speedman) qui serait le descendant de l’ancêtre commun entre vampires et Lycans, et est donc lui-même très très important parce que… son sang, 1 000 ans plus tard, contiendrait encore des traces de la maladie de son aïeul ?? Bah, c’est sans importance. Au final c’est la bagarre, quelque dialogues inintéressants, re-la bagarre, et on boucle comme ça pendant deux longues heures.

Ce film est chiant. Aucun doute là-dessus. Mais il est aussi étrangement fascinant. On dirait le chaînon manquant entre Resident Evil et Ultraviolet, tous deux de très mauvais films servant juste à mettre en scène Milla Jovovich qui tape des poses cool. Le tout pillant allègrement Matrix. En fait ce film c’est Matrix au pays des vampires et des loups-garous, avec une wannabe Milla Jovovich dans le rôle principal.

Si pour une raison qui m’échappe vous avez aimé la saga Resident Evil, ou même Ultraviolet, alors ce film est pour vous. Sinon allez plutôt jouer à un des bien meilleurs visual novels dans l’univers de Vampire: The Masquerade ou Werewolf: The Apocalypse : La plupart de ces jeux sont à peine plus long qu’un visionnage de Underworld, et tous sont bien plus satisfaisants.
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Message par vv221 »

On retourne dans les années 1960, avec un film de la Hammer dont Christopher Lee est surprenamment absent : Kiss of the Vampire.

affiche de Kiss of the Vampire
affiche de Kiss of the Vampire
kidss-of-the-vampire.jpg (28.94 Kio) Vu 941 fois

On ne va pas se mentir : sans Peter Cushing et Christopher Lee, ce film est un peu fade comparé au Dracula publié cinq ans plus tôt par le même studio. Pour autant son visionnage reste plutôt agréable, grâce aux autres personnages.

Autant les vampires sont peu marquants, d’ailleurs à peine trois jours après le visionnage je ne me rappelle même plus du nom du vampire principal (il y en a au moins quatre ou cinq, jusqu’à la scène finale où là on nous en sert plusieurs douzaines), autant les protagonistes-victimes ne le sont pas particulièrement non plus, autant les tenanciers de l’auberge où vont s’arrêter nos protagonistes sont très bons ! En particulier le mari, joué par Peter Madden, et qui se donne à fond dans son personnage.

On a aussi un pseudo-Van Helsing correct, un professeur alcoolique depuis la vampirisation de sa fille, joué par Clifford Evans. Il ne remplace bien sûr pas Peter Cushing, mais reste un personnage intéressant.

Le scénario lui-même n’est pas bien original : château, vampires, bal masqué, morsure, confrontation. Voilà. Avec quand même un final marquant et surprenant, où les vampires (plusieurs douzaines à ce moment du film) sont vaincus par… une nuée de chauves-souris ! Une sombre histoire de sortilège retournant le mal contre lui-même, mais surtout un prétexte à une scène qui était sûrement terrifiante à l’époque, même si aujourd’hui on va plutôt la regarder d’un œil mi-amusé, mi-fasciné.

Au final ce n’est pas notre meilleur film de la période, mais il devrait réussir à divertir les fans les plus acharnés de films de vampires. Pour les autres, ça se regarde plutôt avec une forme de curiosité historique.
Modifié en dernier par vv221 le lun. 17 nov. 2025, 20:34, modifié 1 fois.
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Message par vv221 »

Un peu de cinéma français, ça faisait longtemps ! Cette fois-ci avec Les Charlots contre Dracula.

affiche de Les Charlots contre Dracula
affiche de Les Charlots contre Dracula
les-charlots-contre-dracula.jpg (25.24 Kio) Vu 925 fois

Apparemment Les Charlots sont un groupe de musiciens multi-classés humoristes. Et ils jouent, bien entendu, les protagonistes de ce film. Je n’en savais absolument rien avant de voir ce film, et ça n’a à aucun moment nuit à mon appréciation de celui-ci, mais je me dis que ça vaut le coup de partager cette information parce que c’est la seule qui explique le titre de ce film ;)

Si vous avez vu Dracula père et fils (avec, surprenamment, Christopher Lee au casting) ou Dracula: Dead and Loving It (avec Leslie Nielsen), on est clairement dans le même genre d’ambiance. En bref : on est là pour se marrer, les gags vont s’enchaîner, et les vampires vont avoir du mal à maintenir leur aura de sérieux.

D’ailleurs pour le Dracula de ce film, c’est foutu dès les premières images où on le voit en gamin insupportable, puis juste après l’introduction quand on le revoit adulte. Il est ridicule, et le restera pendant tout le film. Ce qui est un peu dommage d’ailleurs, même dans les films humoristiques j’aime que les vampires soient un minimum crédibles. Là on touche le fond avec un vampire qui n’a aucun pouvoir de vampire, pas même de dents pointues (à se demander comment il a survécu jusqu’ici).

Les vrais personnages du films sont un trio de brocanteurs, joués par les fameux Charlots, la petite amie d’un d’entre eux qui va osciller entre personnage et enjeu selon les scènes du film (ce qui est regrettable), un détective privé sans scrupule joué par Gérard Jugnot (qu’on croisait déjà dans Dracula père et fils), et enfin Igor, le serviteur de Dracule, qui est possiblement le personnage le plus drôle du film.

Si le film est un peu long à vraiment devenir une histoire de vampire, démarrant à Paris et devant trouver un prétexte pour amener tous les personnages en Transylvanie, il n’attend pas ce point pour devenir drôle. Dès qu’on quitte l’introduction avec Dracula pour rejoindre le trio de brocanteur, le film commence à enchaîner blague sur blague, sans aucune pause pour reprendre son souffle ! Et il le fait très bien, si ce n’est pas le premier film à me faire sourire j’avais quand même rarement autant ri devant un film de vampire. En tous cas pas autant ri avec le film, plutôt qu’à des dépens.

Au final c’est un film de vampire plutôt médiocre, mais un film comique hilarant. Si vous aimez les situations absurdes et que vous cherchez avant tout à vous amuser, c’est le film parfait pour ça !
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Message par Mornagest »

Les Charlots ont effectivement tourné dans plusieurs films dans les années 70. Certains ont mieux vieilli que d'autres (l'humour, c'est aussi une histoire de mode), mais ce n'est pas leur seule incursion dans le 7e art ^^

(et même que certains ont tourné à part de la bande, comme Luis Rego dans le retourne-cerveau « Le führer en folie » que personnellement j'adore (je sais, je dois consulter))
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Message par vv221 »

En effet, j’ai vu qu’ils ont enchaîné les films pendant quelques années, je vais sûrement me laisser tenter.
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Message par vv221 »

Parfois on regarde des films pour se divertir. Parfois pour se faire peur. Parfois juste pour se punir. J’ai vu Eclipse.

affiche de Eclipse
affiche de Eclipse
eclipse.jpg (122.99 Kio) Vu 907 fois

Plus connu sous son titre complet The Twilight Saga: Eclipse, ou Twilight, chapitre III : Hésitation en francophonie. Un titre tout à fait pertinent : j’ai hésité à abandonner le visionnage en cours de route pour faire quelque chose de plus intéressant, comme laver la vaisselle.

D’après Bella, notre héroïne (ah ah), l’hésitation en question est entre celle qu’elle veut être et celle qu’elle devrait être. Ce qui est totalement bidon, on sait tous, dès la première seconde, voire dès l’affiche, quel est le vrai sujet d’hésitation : doit-elle faire des bisous au vampire pâlichon mais bourgeois, ou au loup-garou musclé mais trop pauvre pour s’acheter des t-shirts ?

Et c’est là tout le problème : non seulement on s’en fout, mais en plus on sait depuis le début qu’elle finira avec le vampire, pas avec l’autre qui sent le chien mouillé. Peut-être parce que le film aussi a compris ça, il va nous proposer une intrigue parallèle façon thriller, avec des meurtres mystérieux à Seattle et une situation qui va escalader jusqu’à une confrontation entre clans rivaux de vampires, qui va même mener à une alliance temporaire entre vampires et loups-garous !

Vous sentez un regain d’intérêt ? Calmez-vous immédiatement, ce scénario à la Underworld n’est qu’une toile de fond sans grande importance. Le focus du film sera sur les états d’âmes de Bella, portée, si on peut le dire, par Kristen Stewart qui semble toujours aussi heureuse d’être dans ce film (autrement dit : pas du tout).

Le tout desservi par un montage absurde qui alterne entre les scènes de la très ennuyeuse vie de Bella et celles à Seattle autour du nouveau clan de vampires, dont on comprendra rapidement qu’ils n’ont qu’un seul but : retrouver et tuer Bella. Pourquoi donc ? Et bien, tout simplement, parce que Bella est encore et toujours le centre du monde, et que rien ne peut se passer sans tourner exclusivement autour d’elle.

Les personnages sont détestables, les enjeux risibles, et la romance elle-même dans les abysses de la crédibilité. La seule raison pour laquelle j’ai moins souffert pendant ce film que devant New Moon (quelle purge celui-ci !) c’est que je m’étais mieux préparé au visionnage, en particulier en débranchant mon cerveau dès les premières minutes pour simplement attendre la fin dans un semi-coma.

Comme d’habitude, évitez le film et jetez-vous directement sur l’épisode de RomComment ? qui le raconte de manière bien plus amusante : Twilight, chapitre III : Hésitation | Le triangle amoureux.
Modifié en dernier par vv221 le jeu. 20 nov. 2025, 16:09, modifié 1 fois.
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Moi je dis, bien fait pour toi :D
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Message par vv221 »

Méchant. Le pire, c’est qu’il reste encore deux films dans cette "saga"…
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Message par vv221 »

Il y a des films que j’ai récupérés parce que ce sont de grands classiques. D’autres parce qu’ils sont de réalisateurs renommés, ou avec des acteurs que j’aime beaucoup. Enfin, il y en a qui sont arrivé dans cette collection quasiment par hasard. C’est le cas de Vamps.

affiche de Vamps
affiche de Vamps
vamps.jpg (23.64 Kio) Vu 872 fois

En fait j’avais récupéré ce film parce que Dan Stevens joue dedans, que je l’avais adoré dans la série Legion et qu’il tient aussi plutôt bien la route dans l’excellentissime Abigail. Pour autant, après avoir vu l’affiche, je ne m’attendais pas à un film qui fasse des étincelles… J’ai été surpris. En bien. De plusieurs manières.

Déjà ce film est drôle, vraiment drôle, en le faisant exprès. Surtout, ce film, ce n’est pas un film. C’est une saison de sitcom qui dure 1h30. Pour moi qui ne suis pas amateur de séries TV ça aurait pu être un point négatif, mais avec seulement 1h30 pour s’étaler ce film n’a pas eu le temps de me lasser. Il a plus de place pour raconter une histoire (et pas juste broder autour d’un gimmick) que s’il s’était agit d’un unique épisode de 20 minutes, et beaucoup trop peu de temps pour les longueurs ennuyeuses d’une saison complète de 24 épisodes.

La structure très inspirée des sitcoms fait qu’on enchaîne les blagues, qui fonctionnent plutôt bien grâce au duo d’héroïnes, une vampire du XIXe siècle et une autre de la fin du XXe siècle, pour une histoire qui se déroule "aujourd’hui" (en 2012 probablement, date de sortie du film). Jouées par Alicia Silverstone et Krysten Ritter, qui sont, sans surprise, des habituées des séries TV.

Bref, on est là pour s’amuser à observer la vie de deux vampires au XXIe siècle, dont une des deux va commencer à sortir avec un certain Joey… Van Helsing, fils du célèbre (et paranoïaque) Dr. Van Helsing, ce dernier étant joué par Wallace Shawn que je ne crois pas que j’avais revu depuis The Princess Bride. Ça va bien entendu donner lieu à tout un tas de quiproquos hilarants, et finalement à une alliance improbable contre une antagoniste commune jouée par, et je ne plaisante pas, Sigourney Weaver !

Je me suis amusé tout du long, et il n’y a que la toute fin se la jouant "séquence émotion" que j’ai trouvée un peu en-dehors du ton général du film. Je recommande fortement, d’autant que ça passe beaucoup plus vite que de binge watcher une saison d’une sitcom plus classique.
Modifié en dernier par vv221 le sam. 22 nov. 2025, 11:50, modifié 2 fois.
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Message par vv221 »

Certains films sont riches en promesses dès le titre, c’est bien sûr le cas de Abraham Lincoln: Vampire Hunter.

affiche de Abraham Lincoln: Vampire Hunter
affiche de Abraham Lincoln: Vampire Hunter
abraham-lincoln-vampire-hunter.jpg (17.05 Kio) Vu 856 fois

Croyez-le ou non, c’est en fait une adaptation d’un roman du même titre. J’avais d’ailleurs vu un autre film du même réalisateur adapté d’un autre roman du même auteur : Pride and Prejudice and Zombies. Ces deux films ont un point commun : la meilleure partie, c’est le titre.

Abraham Lincoln: Vampire Hunter nous présente une histoire alternative où Abraham Van Helsing Lincoln se bat contre les vampires, fait une pause pour lancer sa carrière politique, et finalement va revenir faire la bagarre contre les vampires (avec un mauvais maquillage échouant à nous faire croire qu’il est beaucoup plus vieux qu’au début du film). Le tout présenté comme une allégorie complètement pétée de la lutte contre l’esclavage, à base de métaphores terriblement subtiles. Par exemple tous les propriétaires d’esclaves sont des vampires, et même pire : tous les soldats de l’armée confédérée sont eux aussi des vampires.

Abraham Morano Lincoln par contre c’est un gentil, il a donc un ami noir. Littéralement un personnage dans le film, dont le rôle est tenu par Anthony Mackie (Falcon dans le Marvel Cinematic Universe), qui se limite à servir de caution pour montrer que le protagoniste n’est pas raciste. D’ailleurs de tout ce film qui se présente, je le rappelle, comme une allégorie de la lutte contre le racisme aux USA, ce sera le seul personnage noir récurrent. Sa seule participation à l’intrigue sera de se faire capturer par des méchants (donc des vampires) puis d’attendre que notre héros vienne le sauver.

Sorti du scénario sans intérêt et de l’allégorie ratée, la cinématographie est elle aussi complètement aux fraises. Toutes les scènes de combat en particulier sont dans un style radicalement différent du reste du film, un peu comme si on jouait à un de ces vieux Final Fantasy (ou mieux, à Anachronox) avec chaque combat qui amène dans une arène et change temporairement les règles du jeu.

Ça aurait pu être sauvé par un sens de l’auto-dérision (quoique, ça n’aurait probablement pas effacé le paternalisme raciste de ce film), mais c’est raté : ce film se prend très au sérieux de la première à la dernière image. Le budget est de son côté beaucoup trop important (on retrouve même Tim Burton à la production) pour lui permettre de se transformer en nanar. C’est juste une perte sèche de temps, ce film n’est ni intéressant, ni divertissant.

Si vous cherchez un film mêlant vampirisme et histoire du racisme aux USA, allez plutôt regarder Sinners. Si vous voulez suivre une chasse aux vampires qui tient en haleine, Blood: The Last Vampire (le film d’animation de 2000, pas l’affreux remake de 2009) tient très bien la route. Finalement, si le titre vous laissait espérer un bon nanar, Blood for Dracula peut remplir ce rôle mais il n’est clairement pas tout public.
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Message par vv221 »

La plupart du temps, je sais quel genre de film je suis en train de regarder. Un film de vampires bien sûr, mais surtout un film d’horreur, ou une romance, ou une comédie. Parfois, au contraire, je regarde Vampire’s Kiss.

affiche de Vampire’s Kiss
affiche de Vampire’s Kiss
vampires-kiss.jpg (59.96 Kio) Vu 824 fois

Ce film raconte quelque chose d’intéressant : la dissociation progressive d’un type persuadé qu’il a été mordu par un vampire. Bien traité, ça aurait pu être excellent !

Ce n’est pas le cas ici. Déjà, on nous montre notre protagoniste se comporter de manière odieuse avec ses collègues de boulot… sauf qu’on ne nous a jamais montré comment il se comportait avant la morsure. Rien ne nous indique donc qu’il ne s’est pas toujours agi d’une ordure abusive. La métamorphose ne fonctionne pas si on ne connaît pas le point de départ.

Ce n’est pourtant pas le plus gros problème du film. Celui-ci est bien plus général : son ton, ou plutôt son absence de ton. Au bout d’une heure de visionnage, je ne savais toujours pas si je regardais ou non une comédie. Pas mieux au bout d’1h40, au moment où le générique défilait devant mes yeux. J’ai passé tout le film à me demander si on cherchait à me faire rire, ou à me faire peur, ou même à me faire réfléchir. Au final je l’ai passé à être confus.

Bon, je vous raconte tout ça, mais il est temps de passer à l’éléphant dans la pièce : Nicolas Cage. Le jeu de Nicolas Cage, qui tient le rôle principal, est juste indescriptible, incompréhensible, inadmissible. J’ai vu des gens sous l’influence de toutes sortes de drogues, mais rien qui arrive à la cheville de ce jeu d’acteur. Celui-ci est tellement fascinant que le film ne devient plus qu’un bruit de fond, et on regarde juste Nicolas Cage qui se prend pour une sorte d’équivalent humain (ou vampirique) d’une peinture de Dali.

Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit : ce jeu d’acteur n’est pas bon. Ce film non plus d’ailleurs. Il est par contre fascinant, un peu comme un incendie ou un train qui déraille sont fascinants. Le plus grand mystère étant que Nicolas Cage ait pu avoir une carrière après ce film.
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Message par vv221 »

Certains disent que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. C’est aussi dans les vieux pots qu’on fait Dark Shadows, et ce n’est pas bien glorieux.

affiche de Dark Shadows
affiche de Dark Shadows
dark-shadows.jpg (102.35 Kio) Vu 812 fois

Pourtant avec Tim Burton à la réalisation, et Johnny Depp et Helena Bonham Carter au casting, on ne prend aucun risque, si ? Justement, c’est tout le problème de ce film : on dirait une mauvaise copie des films de Tim Burton. En fait, ce film c’est exactement ce que nous promettent les IA génératives : une moyenne insipide de tout ce qui a été fait jusqu’ici, sans aucune idée originale. D’une certaine manière il était donc en avance sur son époque, mais ce n’est clairement pas une avance dont il devrait retirer une quelconque forme de fierté.

Tout, de l’histoire aux décors en passant par les personnages, a déjà été vu et revu. Johnny Depp se prend d’ailleurs clairement pour Jack Sparrow dans le costume de Ichabod Crane (le protagoniste de l’excellent Sleepy Hollow), le château familial se trouve dans une ville qui ressemble à une mauvaise copie de celle de Edward Scissorhands, tous les personnages sont des clichés sans saveur dont on sait tout dès leur première apparition à l’écran.

Je résumerais tout ce film en ces quelques mots : la mort de l’originalité. Ça faisait longtemps que je n’avais pas trouvé un film aussi ennuyeux et prévisible.

Si vous souhaitez voir un film avec des histoires de fantômes, de famille aristocratique avec de lourds secrets et du rôle que peut tenir une industrie dans une fortune familiale, regardez plutôt le très bon Crimson Peak par Guillermo del Toro. Si ce que vous cherchez c’est plutôt un bon Tim Burton, laissez tomber Tim Burton lui-même, ça fait très longtemps qu’il n’est plus qu’une pâle copie rassie de lui-même. Jetez plutôt un œil sur le très drôle Lisa Frankenstein par Zelda Williams et Diablo Cody.
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