Je me souviens d'avoir lu un jour des articles sur Internet d'un type qui critiquait violemment la traduction française de Millénium de Stieg Larsson. C'était sur le site du Nouvel Obs, je vous mets le lien si je le retrouve.
En tout cas, les traducteurs étaient accusés d'avoir massacré le texte original, en traduisant approximativement, faisant des fautes de grammaire, des contresens et j'en passe. Et l'auteur de l'article considérait ça comme vraiment inadmissible, donc en voilà un pour qui la traduction est tout à fait essentielle.
D'une manière générale, la traduction, outre le niveau pointu de connaissance des deux langues en question qu'elle suppose, se révèle un exercice plus qu'ardu. Quand on se trouve devant une phrase en langue étrangère dont on a saisi le sens, il faut ensuite se demander comment le traduire: littéralement pour garder au maximum la construction, la syntaxe et le rythme de la phrase voulus par l'auteur, au risque de s'éloigner du sens; ou bien privilégier le fond mais perdre en même temps l'art avec lequel la phrase est construite.
Je dis ça en ayant pu expérimenter les joies de la traduction en cours de latin au lycée.
Déjà, quand il s'agit de rendre une copie qui montre au prof qu'on a compris le texte et qu'on a reconnu les temps et formes syntaxiques employés, c'est dur; mais mon Dieu, qu'est-ce que ça doit être lorsqu'il faut donner un texte qui soit non seulement intelligible, mais aussi plaisant à lire, et en même temps qui rende bien la pensée de l'auteur!
De là à faire du traducteur un génie au même titre que l'auteur, faut pas pousser; mais du moins il faut respecter leur travail, parce qu'une simple allitération ou un jeu de mots d'une ligne ça doit représenter des tonnes de nuits blanches!
Le truc, c'est aussi que le traducteur, invariablement, va y mettre un peu de lui-même, de sa façon de comprendre le texte; tout l'art réside donc en ceci: ne surtout pas dénaturer le texte.
Je pense donc que quand la traduction est réussie, on peut considérer qu'on a vraiment compris le texte original, là où une mauvaise traduction nous en donne une vision erronée. Le problème, c'est qu'à moins de lire aussi la VO, on ne peut pas savoir si la traduction est bonne ou pas...
Pour conclure (et bravo à tous ceux qui ont réussi à lire ce post jusqu'au bout!

), je dirais qu'un traducteur n'est pas un auteur, ni un co-auteur: il est plutôt l'artisan des mots, là où l'auteur est l'artiste. Ils sont tous deux nécessaires, mais il y a une différence fondamentale dans leur approche du texte.