A l'extrémité sud du Parc verdoyant de Luménis, à deux pas des grilles donnant sur la partie la plus aisée et paisible de la ville, se trouve un belvédère, agrémenté de statues gracieuses disposées dans un charmant désordre. Les élèves de l'école des beaux arts y ont exposé leurs dernières créations il y a de cela quelques semaines, avant le coup d'Etat mené par Morfea Nwalk.Aujourd'hui, malgré les quelques promeneurs qui se risquent encore dans les allées, l'insouciance naturelle dégagée par le lieu semble déplacée, voire grotesque.
C'est adossé à un des piliers torsadés de l'édifice qu'Agrippa s'est assis aujourd'hui, sur un des bancs qui avaient coutume d'accueillir les jeunes amoureux, et qui ne sont plus que le havre passager de personnes s'accordant quelques instants de répit au contact de la nature avant de replonger dans l'oppression du nouveau régime.
Le clerc parcourt distraitement un livre à l'épaisse couverture de cuir rouge, l'air absent pour qui ne l'observe pas attentivement. Mais sous son apparente tranquillité, celui-ci attend avec fébrilité l'arrivée d'une personne sur laquelle il compte s'appuyer pour conduire la résistance à la tyrannie.
La partie la plus cossue de Lumenis, siège des habitations des luméniens les plus aisés, et des plus belles structures de la ville.