Ça a mis le temps, mais je crois qu’on l’a enfin : notre premier vrai nanar ! Il s’agit de
Blood for Dracula, un film qui porte parfois le nom d’Andy Warhol bien que celui-ci n’ait à peu près rien à voir avec le film.

- affiche de Blood for Dracula
- blood-for-dracula.jpg (20.03 Kio) Vu 882 fois
Avant toute chose : je ne conseille pas ce films aux débutants en mauvais cinéma. On y a des scènes gores, des scènes de sexes bien trop longues (et non censurées), y compris de l’inceste. Bref, c’est très malsain, et tout le monde ne sera pas prêt à passer au-delà pour trouver le film (involontairement) hilarant qui se cache derrière.
Pour un peu de contexte, ce film est en fait une sorte de pamphlet politique de la part d’un catholique bien conservateur, voire réac, qui se désole du tournant qu’a pris l’humanité autour des années 1910-1920 et en particulier de la montée du socialisme. Ce film va donc nous montrer comment la société sombre dans la décadence, les serviteurs ne savent plus rester à leur place, et même l’aristocratie vieillissante perd sa religion pour sombrer dans… le libertinage et le lesbianisme ! (quelle horreur

)
Le pitch de base est stupide à souhait : Dracula, un vampire végétarien (ce qui ne veut pas dire comme dans cette absurdité de Twilight qu’il se nourrit de sang animal, mais bien de légumes crus) et, comble de l’ironie, apparemment allergique au sang sauf si celui-ci vient d’une femme vierge, va se rendre en Italie. Pourquoi l’Italie ? Parce que, apparemment, ce pays est resté attaché à ses racines catholiques et donc ses jeunes femmes y restent pures et vierges avant le mariage.
Évidemment, société décadente, tout ça, il ne va pas trouver de vierges. Et va se rendre très très malade (insérer ici une scène beaucoup trop longue de Dracula qui vomit du sang dans une baignoire, le tout de manière terriblement surjouée par un Udo Kier dont je ne sais toujours pas s’il prenait ou non ce film au sérieux) en goûtant les filles "bonnes à marier" de cette famille aristocrate en fin de vie.
Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que tout ici est traité avec le premier degré le plus sérieux qui soit. Y compris le serviteur de la famille qui couche avec deux des quatre filles en récitant de la propagande socialiste, et a carrément un marteau et une faucille peints en rouge sur le mur de sa chambre, pour ceux qui auraient loupé le message.
Tout ça s’achèvera dans une scène complètement délirante avec ce (méchant) socialiste qui va humilier le (gentil) vampire aristocrate en lui coupant bras et jambes l’un après l’autre à la hache, ce qui n’a pas pu n’avoir aucune influence sur
Monty Python and the Holy Grail sorti l’année suivante.
Je crois que mon personnage préféré dans ce film, qu’on voit malheureusement trop peu passé la première moitié, reste le servant de Dracula, (sur)joué par Arno Juerging qui semble se croire dans un film muet. C’est incroyable le nombre de choses qu’il peut faire passer juste à travers ses mouvements de sourcils…
Ah, et vous vous rappelez la très gênante scène de léchage de porte dans le très mauvais
Embrace of the Vampire ? Ce film a réussi à la battre. Avec Dracula léchant… le sol ! Je vous épargnerai l’explication de la présence d’une flaque de sang de vierge sur ce sol, c’est trop immonde pour être raconté ici.
Allez-y si vous êtes un nanardeur expérimenté, mais pas sans échauffement.
Trigger warnings : tous. Gerbes de sang, vomissements, sexe, viol, inceste, pédophilie, homophobie, sexisme, discours moralisateur réactionnaire, acteurs en roue libre, premier degré malaisant, accents divers et variés mais jamais appropriés. Vous voilà prévenus. Même les versions censurées restent probablement affreuses.