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[Lieu-dit] La citadelle de Fort Berûm
Posté : jeu. 27 mai 2004, 10:17
par Raven Al'Qazimir
La nuit tombait sur Fort Berûm, où Pélorius Blaem était de veille...
Il arpentait les remparts d'un pas lassé, en effet son travail d'archer était monotone et peu épuisant, sachant que le fort était complètement éloigné de toute route stratégique ou de lieux de guerre, et qu'il n'y avait guère que les disputes à la cantine qui égayaient le quotidien.
Le garde s'assit entre deux créneaux et bailla allègrement... il avait été autrefois voleur à Berûm, à l'époque des troubles, mais avait fait preuve de nombreuses indélicatesses et discourtoisies qui l'avaient conduites en prison.
Il était devenu alors guerrier et avait conservé ses amours pour l'arc long et l'épée longue, et c'est à force de temps plus que de travail qui avait été bombardé sergent des archers de Fort Berûm par Orvo Klemarg, le gouverneur de ce bastillon construit entre une falaise au nord, et une haute plaine au sud et à l'ouest.
A l'est s'étendait un espace boisé plus ou moins sauvage où les gardes en permission allaient se promener... mais l'endroit était avant tout une ancienne place-forte du Clergé de Cyric.
Un temple dédié au prince des mensonges se trouvait par ailleurs encore au centre du fort, engoncé dans les épaisses murailles de pierre au dessus desquelles flottaient un oriflambe bleu nuit aux couleurs du crâne de Cyric.
Pélorius regarda avec un certain amusement les hauteurs de la citadelle et parla pour lui même...
Mon vieux Cyric, te voilà bien mal logé, ... peu ici se souviennent encore que cet endroit était autrefois le fort du gouverneur d'une cité construite en ton honneur...
Une voix douce et amicale s'éleva alors du vide derrière lui
Ne t'en fais pas pour moi... ce qui est à moi me reviendra un jour ou l'autre
Le sergent fit volte face et devint blème en voyant l'être qui flottait dans les airs face à lui, une sorte de regard doux au fond des orbites sombres qui le fixaient...
Ses traits étaient ceux d'un homme calme, mais une pointe de colère récente se lisait encore sur l'apparition ... L'ancien voleur le reconnut tout de suite...
Cyric ... vous ici?
Ses traits devinrent blèmes et l'apparition enjamba la muraille pour venir poser une main sur l'épaule de l'archer, il lui sourit doucement et poursuivit
Oui mon vieux Pélorius, ce sera bientôt le jour du soleil noir... Les traits du visage de l'apparition s'étirèrent jusqu'à former une grimace démente, une lueur de rage folle finit par transfigurer celui qui était apparu de nulle part et sa voix s'érailla je suis ton dieu Pélogius, je suis le dieu de tout ce qui vit ici ... ah ah ah ... et je serais bientôt le dieu de Toril toute entière, mais d'autres osent contester encore mon pouvoir.
Ils savent ce qui se trouve ici, et ils veulent le prendre... mais nous allons leur préparer un comité d'accueil à la mesure de leur ambition ... allons trouver cet incapable d'Orvo Klemarg, qu'il se prépare à accueillir ici mes troupes d'élite! Il y a beaucoup de travail et cet endroit est une ruine.
Pélogius cligna des yeux et secoua la tête
B...bien seigneur Cyric, comme vous voulez, ... je fais vite!
Le sergent détala, porté à la fois par la peur et par le devoir, ce qu'il avait vu ce soir, peu d'hommes auraient pu y survivre, mais l'apparition se matérialisa alors sur les remparts, un homme simple, peu démonstratif de sa puissance, cependant cet homme avait pu, avec quelques mots, réveiller la terrible arme qui sommeillait à Fort Berûm... l'arme de Cyric...
Posté : mar. 01 juin 2004, 11:03
par Raven Al'Qazimir
La nuit s'achevait, et le pavillon du soleil noir flottait au dessus de Fort Berûm. Il avait bruiné toute la fin de la nuit et la pierre était glissante, mais Pélorius courait sur le chemin de ronde en ranimant doucement le soldat qui sommeillait dans les sacs à graisse qu'étaient devenus les Cyridishiens.
A priori l'investiture qu'il avait reçue lui avait donné des ailes, et il sentait que son âme portait en elle les ferments du don de Cyric... en fait ce dernier avait probablement restauré une partie de sa jeunesse mais Pélorius ne s'arrêtait pas à ses choses là, jeune il avait été voleur puis soldat, et ces choses là ne s'oubliaient pas, comme un premier amour.
Que les portes s'ouvrent!
Pélorius écarquilla les yeux en voyant apparaître alors au pied de la muraille un gigantesque groupe d'hommes en armures légères portant des épées courtes et des arbalètes, revêtant la cape à capuchon aux couleurs de Cyric. Le soldat contempla leur regard et vit aussitôt qu'ils avaient vendu leur âme à leur maître, et il savait combien celà devenait dangereux pour eux. Au moindre danger pour lui-même Cyric puiserait dans leur essence pour se protéger.
La porte en chaîne massif épaisse de deux coudées et ferrée sur toute sa hauteur s'entr'ouvrit et les assassins d'élite s'engouffrèrent dans la gueule béante de Fort Berûm, gagnant d'instinct les postes que le soleil noir leur avait consacrés...
Mais ... qui a ouvert cette porte? Bande de chiens de l'enfer, vous allez attendre mes ordres sinon ...
L'ombre de Pélorius prit du relief en un instant et se dressa face à lui, prenant peu à peu les traits qu'il avait reconnus à Cyric lors de leur première rencontre.
Allons, je n'ai fait qu'hâter les choses Pélorius ... il faut encore que mes deux corps d'armée viennent en renfort ici... nos adversaires se sont ralliés sous la barrière d'une épine dans mon flancs, le fléau est de retour ...
Co...comment? Baine?
Ah ... arrête de trembler, tes genoux font un vieux bruit d'os brisés. Le Zhentarim nous a trahi, mais peu importe, je ferais exécuter tous ses dirigeants qui ne se seront pas enfuis après la bataille.
Nos ennemis ne pourront pas venir par le plateau d'Ysg, mes hommes surveillent les routes, et leur armée est principalement montée... ils ont fait venir des hommes d'un autre monde nommé Almoch.
Ces hommes se battent à cheval et alternent le tir et la charge de cavalerie d'après ce que j'ai pu voir dans leur armement.
Ils sont allé jusqu'à tuer un de mes haut-prêtres, avant de jeter sa tête sur mon autel à Mélandis.
Puis ... ils se sont enfuis avec mon clergé, ... j'ai rompu le contact avec les Mélandiens depuis lors, leur misérable cité est vouée à Talos, je me chargerais de marcher sur elle en temps utile. Ceux qui se prétendent mes fidèles là bas ont tout intérêt à quitter les lieux avant que je ne vienne jeter mon dévolu sur elle ...
Où est Mélandis?
A l'est d'ici... mais je pense que les alliés des Bainites viendront du sud, ils peuvent voyager très rapidement entre un nombre limité de points.
Pélorius était pâle, la peur se lisait sur son visage
Ils ont l'air puissants ... ne devrions nous pas prendre quelques renforts?
Un sourire se dessina sur le visage de Cyric et son regard, toujours aussi calme et doux se porta au nord
Les voici mon jeune serviteur, tu souhaites et tu obtiens ah ah ah... vois ici la puissance de Cyric!
Le regard du soldat se porta sur le plateau au nord et ses yeux aussi bien que ses lèvres s'entrouvrirent de stupéfaction: c'était une vaste armée de fantassins équipés d'épieux, d'archers, de prêtres armés de dagues et de fléaux, de seigneurs assassins montés et de moines noirs qui recouvrait le plateau d'Ysg. Il devait bien y avoir une dizaine de millier d'hommes stationnée de façon ordonnée sur le plateau, devant Fort Berûm.
La main de Cyric se tendit vers l'entrée, et la masse vivante s'engouffra entre les murs du fort, telle une ondée furieuse dévalant les pentes de son lit après la décrue automnale.
Les troupes se stationnèrent tout autour du fort central et sur les remparts, sur les flancs des tours, dans les bastides et les niches, ... et c'est le moment que choisit Orvo pour apparaître, alors que les portes se refermaient.
Tiens tiens, voici le responsable des lieux en personne ... vos hommes sont passablement amollis Klemarg, je ne vous félicite pas.
Le gouverneur suait à grosses gouttes, il avait aidé aux préparatifs toute la nuit.
Messire Cyric, ... tout a été fait selon vos ordres, mais les hommes n'ont plus personne à combattre depuis près de dix ans, ils se sont forcément empâtés et ramollis, ce sont les lois de la guerre...
Le prince des mensonges songea que l'homme était devenu sot à force de ne plus être sur le qui-vive, mais qu'il connaissait bien la nature humaine. Il lui accorda donc une chance
Certes, mais d'ores et déjà je réécris ces lois, ne mêlons pas Tempus à nos histoires si vous le voulez bien...
Vous savez quel est votre rôle désormais
Orvo sentit l'épreuve dans les mots du dieu, et il hésita un instant avant de répondre
Je suis la mémoire de ce fort, et celui qui connait tous ses secrets ainsi que ce qu'il protège.
Je connais le prix de ses trésors et je le défendrais comme mon âme
"Une réponse de demi-elfe" pensa Cyric. "Il n'est finalement pas totalement devenu ce sac à vin qu'il a l'air d'être, mais ce n'était qu'une réponse de frustre... repoussons encore un peu le jeu"
Votre âme? Mais vous pourriez bien la perdre en vous heurtant au danger terrible qui guette ces lieux
Orvo avait présenti la question et répondit du tac au tac
Alors je l'aurais donnée pour la cause à laquelle elle devait revenir
Cyric enragea, l'ambigüité de la réponse du gouverneur le plaçant dans une position où il ne pouvait ne pouvait pas l'exécuter, au risque de faire ressentir l'injustice dans ses rangs pour un homme qui lui offrait son âme, mais l'homme lui avait jeté à la face qu'il n'avait aucune emprise sur lui et avait encore son libre arbitre, même face à l'un des plus puissants dieux de Féérune.
Le poing du prince des mensonges se crispa sans que son regard se départisse du sentiment engageant qu'il diffusait. Puis il sourit plus franchement...
Bien gouverneur, alors faites ce que vous avez à faire, et laissez moi mener cette bataille comme je l'entend
Les pensées de Cyric se noyèrent de venin. "Je devais mettre Pélorius à ta place immonde rejet de graisse, ce n'était plus ta place, pourquoi as-tu encore tant de ressources?
Mais ne t'en fais pas, un accident est vite arrivé, et la bataille ne tardera plus ... tu ravaleras tes paroles et tu pourras t'étouffer avec!".
Le soleil envahit le champ de vision de Cyric à ce moment, et Orvo eut l'air d'avoir disparu quand il porta son regard sur lui. Cyric se demanda un instant si Pélor n'avait pas voulu lui signifiait un instant que cet homme était sous sa coupe.
Posté : jeu. 03 juin 2004, 18:24
par Raven Al'Qazimir
Ce sont des relents de la fébrilité d'avant les combats qui agitaient les hommes qui tenaient Fort Berûm.
Pélorius avait dirigé les troupes sur les postes qu'elles devaient occuper dans la citadelle et le gouverneur avait continué à organiser les défenses de façon plus logistique, contrôlant toutes les machines de guerre et veillant à ce que chaque homme puisse trouver un repos et un repas chaud aux heures qui lui étaient dévolues.
Un groupe d'hommes descendit dans les bois pour s'y poster, tandis que les prises sur l'a-pic furent détruites.
Les troupes de du Zhentarim devant arriver par le sud, elles se trouveraient confrontées à l'immense marche naturelle au dessus de laquelle trônait la citadelle Cyrinishienne et où le prince des mensonges avait établi son protectorat.
Il savait quelles ressources ils venaient chercher, et ils ne s'attendraient certainement pas à trouver une résistance maximale en un point donné.
Cyric essayait de mettre toutes les chances de son côté, et c'est à la nuit tombée que son avatar reparut...
Posté : dim. 20 juin 2004, 16:55
par Raven Al'Qazimir
La forme sombre vint à se poser sur la tour principale du donjon. C'est là qu'Orvo surveillait les opérations, en compagnie de plusieurs de ses capitaines. Ils armaient les archers et avaient repris l'entrainement de façon intensive, le gouverneur avait l'air d'être plus en moiteur que jamais... le regard plat et égal de Cyric se posa sur lui quand ses lèvres laissèrent échapper une voix plus que séduisante à l'oreille
On dirait que tout se passe pour le mieux gouverneur Klemarg. Vous souhaiteriez sans doute que je vous confie des tâches plus importantes après cette bataille?
C'est ici que sont mes hommes seigneur Cyric, ce sont eux les miens et les liens qui ont mis des années à se construire entre nous risqueraient, en se déliant, de faire perdre à ces braves leur compétence ainsi que tout ce qui me permettait de gouverner efficacement cette place.
Cyric essuya le refus en fixant Orvo d'un regard plissé. Il avait encore une fois défié Cyric ouvertement mais ses paroles étaient celles du professionnel qui parle de sa tâche avec compétence. Cela pouvait être ou non. Oui, cet homme devrait avoir un "accident" pendant la bataille, il y avait trop longtemps que cette place forte lui avait été confiée.
Cyric tenta cependant une contre attaque.
Votre force est justement celle d'un meneur d'hommes, mais ne pensez vous pas justement que vous serviriez mieux ceux qui vous servent en les tirant de cette place forte vermoulue pour les conduire à la gloire sous la bannière du soleil noir?
Orvo hocha la tête une seconde et tourna la tête vers les remparts.
Ils vivent pour vous servir et non me servir. Moi aussi je suis à votre service, mais cet endroit est notre citadelle, elle porte nos marques, faites au fil des années avec nos pas, et nous portons aussi son empreinte sur les visages et sur les mains, ... c'est en quelque sorte elle qui fait de nous ce que nous sommes. Loin d'elle nous ne serions plus les serviteurs que vous connaissez
Cyric hocha la tête
N'oubliez pas que c'est avant tout moi qui fait de vous ce que vous êtes, sans moi vous ne seriez pas gouverneur de ce bastillon.
C'est vrai, sans votre présence les choses ne seraient plus les mêmes, mon épouse serait encore en vie et nous serions certainement en train de couler des jours paisibles au sud près de Manost.
Cyric esquiva la réponse et se contenta de reprendre
Faites votre travail et tout ira bien pour vous. Je dois m'occuper de la disposition des archers. Pélorius?
L'avatar bondit d'un geste leste depuis la tour du donjon et sembla planer jusqu'au chef d'archerie sur le chemin de ronde. L'homme lui expliqua son plan pour la disposition des troupes, que Cyric approuva vivement. Ce dernier se contenta de donner quelques conseils à Pélorius Blaern, avant de s'isoler sur une des tours encore non occupée. Il empoigna le mur de ses mains et inspira profondément. Il sentait que cela n'allait plus tarder
Posté : ven. 20 août 2004, 15:01
par Raven Al'Qazimir
Orvo atteignit la porte murée. Il tira sa lame et commença alors à gratter le mortier entre les pierres soudées entre elles. Lentement, patiemment, il dégagea une pierre, puis l'autre, puis il en eu trois de suffisament mobiles pour être retirées. Oh il se garda bien de le faire, mais se contenta de balayer la poussière et d'en faire un petit tas qu'il repoussa dans les interstices pierreux. L'illusion était parfaite, mais une personne qui savait quoi chercher et où n'aurait aucune peine à découvrir ce qui avait été fait. Le gouverneur s'éloigna ensuite en direction du fond de la pièce ... plus aucun soldat de la forteresse ne le revit avant la bataille
Posté : dim. 22 août 2004, 17:54
par Raven Al'Qazimir
Le corps du jeune homme gisait à terre... les plaies de son cou étaient en train de se cicatriser par elles mêmes... ne restait plus que les marques sanglantes des blessures commises... les paupières de Pélorius se mirent à frémir, et sur son visage apparut une satisfaction démente. Cyric avait pris possession du fort, et du capitaine de ses gardes... qui pourrait désormais découvrir l'étrange fusion qui s'était accomplie?